Récits de course

    Embrumman 2005

    IRON TRI SAPIN 2006

    LANZAROTE 2008

    VAL d'ARAN 2008

    HAWAII 2008

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    Embrunman 2005

     

    Présentation - Matériel - Entrainement

    Les jambes d’arnaud…

    4h00 – Le réveil d’Arnaud sonne le départ d’une grande journée : L’Embrunman.
    Nous, ses jambes, préparons cet évènement depuis des mois. Nous avons pédalé, couru, souffert, récupéré, été massées et rasées, bref, nous avons bien travaillé. Le cerveau, le commandant du corps d’Arnaud nous dit que tous les voyants sont au vert et que même lui, le gestionnaire du mental est prêt à affronter les difficultés de la journée. Oui mais, nous, ses jambes, allons nous tenir la distance ??
    5h00 – une jolie demoiselle nous marque un gros 272 au feutre noir. Heureusement que nous nous sommes rasées de près hier soir.
    5h30 – Dans le parc de transition, Arnaud préfère s’échauffer les bras et les épaules en nous délaissant quelques peu. C’est vrai que pendant la nage nous travaillons moins, en nous contentant d’équilibrer le corps dans l’eau.
    6h00 – Le départ est donné et nous voila en train de flotter. Arnaud décide quand même de nous faire travailler un peu par quelques battements légers, histoire de ne pas trop se refroidir. La nage semble bien se passer car au bout d’une heure nous entrons en action pour courir vers le parc de transition et trouver l’emplacement des affaires d’Arnaud. Il prend son temps pour se changer car la route va être longue. J’espère que nous tiendrons. Nous sommes enduites de crème solaire car il fait beau et le soleil peut être agressif.
    Maintenant c’est à nous de jouer. Nous courrons pour sortir du parc et attaquer les 188 km de vélo et ses 3800 m de dénivelé positif. Comme prévu, cela commence très fort par environ 10 km de montée. Arnaud décide de nous faire monter en souplesse et cela nous arrange car il nous faut toujours un petit délai pour nous mettre en route. Nous sentons tous le corps monter en pression et nous nous sentons moins seules. La descente permet de récupérer des premiers efforts. Le sang nous amène un peu de produit énergétique. Ouf, enfin à manger. La remontée vers Embrun et vers Guillestre se passe bien. Nous tournons à notre rythme. Arnaud ne nous impose pas de sur-régime. Il nous réserve pour l’Izoard et préfère nous faire tourner plutôt que nous imposer un gros braquet. Nous sommes doublées par quelques collègues qui manifestement n’ont pas cette chance : le gros plateau est de mise. Attention les copines, il faut tenir jusqu’au bout.
    Guillestre est le début de la montée vers le col d’Izoard. Le début est tranquille. C’est un faux plat montant très joli et assez roulant. Seulement au bout de 15 km la vraie difficulté commence. Arnaud met le 34*21 et nous rentrons en action. Au début tout va bien. Pas de douleur, nous montons efficacement. La preuve, nous doublons toutes les copines de tout à l’heure. L’entraînement que nous avons subit dans les Alpes pendant deux semaines porte ses fruits. Seulement le vent se met de la partie et la montée vers Brunnissard, toute droite et vent de face est terrible. Nous sommes à la limite de la rupture et nous demandons vite au cerveau de faire quelque chose. Celui ci s’exécute et Arnaud nous met le 34*23 puis rapidement le 34*25 pour mouliner un peu. L’arrivée dans les lacets nous abrite un peu du vent et la montée est plus facile. Nous reprenons notre rythme de croisière en 34*23 pour ne plus le lâcher jusqu’à la Case Déserte où une légère descente nous fait un peu récupérer. Nous passons en « danseuse » pour la photo et nous finissons la montée vers le sommet assez facilement, encouragées de nombreuses personnes sur les côtés. Au sommet, il fait très froid (8°C). Les bénévoles s’occupent d’Arnaud puis nous repartons rapidement pour la descente vers Briançon. Nous qui pensions nous reposer, c’est raté. Arnaud décide de nous faire pédaler pour ne pas se refroidir. Pendant la descente, le cerveau nous fait un petit bilan. Tout va bien.
    A Briançon commence le retour vers Embrun. Le cerveau nous prévient qu’il reste trois difficultés majeures en vélo. Le vent favorable nous amène vers la première, Vigneaux, que nous passons sans problème à vive allure dans une euphorie inquiétante. La deuxième, Pallon est plus difficile à gérer. La côte est raide, toute droite et sous la chaleur. Nous commençons à bonne allure mais cela sent la surchauffe. Heureusement, les spectateurs sont là pour nous encourager. Enfin, le sommet arrive. Il était temps. Le cerveau nous prévient qu’Arnaud a un coup de fatigue générale. Nous nous sommes plutôt en bonne forme mais nous ralentissons quand même. Le retour vers Embrun est plutôt chaotique mais nous sentons qu’Arnaud se refait une santé. Heureusement car la dernière difficulté est devant nous : Chalvet. Arnaud décide de faire tourner les jambes et de ne surtout pas forcer. Il reste le marathon à courir. Cette côte de Chalvet ne serait pas trop dure si nous n’avions pas déjà effectué 170 km, seulement là…. !!!
    Enfin la bascule et la dernière descente vers le parc. Arnaud semble fatigué, ce que nous confirme la descente qui semble moins sereine. Enfin le parc. Nous marchons tranquillement vers notre emplacement. Nous sommes assez molles. Le marathon va être terrible. Arnaud prend sont temps. Ses mouvements sont lents. Il cherche à récupérer. Il nous remet quand même de la crème solaire car le soleil tape dur. Déjà 8h40 que nous sommes parties et nous nous élançons pour 42km195. Nous avons beaucoup de mal à nous mettre en train. Nous sommes assez molles, sans ressort, sans énergie. Pourtant, le sang nous envoie très régulièrement des produits énergétiques. Les premières côtes sont terribles et nous font mal. Seulement le cerveau nous oblige à ne pas marcher. Il est marrant, lui !!! Il nous envoie encore un gros coup de moral et de pensées positives. La traversée d’Embrun (et la fin de la côte) nous redonne de la force et la descente nous fait beaucoup de bien. La fin du premier tour se passe plutôt bien et nous n’avons toujours pas marché. Malheureusement toute les bonnes choses ont une fin et nos fibres musculaire en ont assez. Nous sentons bien la douleur monter dans les cuisses. Les abdominaux aussi râlent un peu. Cela va bientôt se terminer ???
    De plus le cerveau nous prévient que nous risquons de manquer d’énergie car l’estomac a du mal à gérer ce qu’Arnaud lui donne. Tout le deuxième tour va être difficile. Nous avons mal !!! Si le cerveau ne nous envoyait pas régulièrement du moral, du mental et de la volonté, nous arrêterions. Nous avons quand même l’autorisation de marcher dans la grande côte, à condition de repartir en trottinant sur les 15 derniers kilomètres. Arnaud nous arrose régulièrement avec une éponge et cela fait du bien. Nous tenons notre promesse et c’est en trottinant à petite allure, sous les encouragements des spectateurs que nous finissons ce marathon en 3h58’ et le triathlon d’Embrun en 12h43’. Arnaud est content de nous tous (cœur, poumons, cerveau …et nous , les jambes) mais semble très fatigué. Il s’assoit et ne se relève que 15 minutes plus tard. Malgré sa joie, il ne se sent pas très bien et nous, nous ne sommes que douleur.
    Une nuit de sommeil nous a fait beaucoup de bien et même si nous sommes assez raides, il ne reste qu’un sentiment de mission accomplie.
    C’est une épreuve fantastique, les bénévoles sont géniaux, le parcours est très exigeant mais fabuleux. Un conseil, copines jambes, avant de venir à Embrun, préparez vous bien.

     

     
    IRON TRI SAPIN 2006

     

    Présentation - Matériel - Entrainement

    De retour de Cublize ou tout c’est très bien passé sur IRON SAPIN. Je finis 8éme en 11h21

    J’ai fait très attention les quinze derniers jours, à la diététique, à la récupération et à rester à l’ombre comme conseillé par mon entraîneur. Et heureusement car il à fait très chaud (+30°C sur le marathon).

    La petite reco de 40 minutes la veille m’a permis de voir que j’avais de très bonnes sensations en vélo. Il n’en fallait pas plus pour finir de me rassurer. J’étais très confiant et gonflé à bloc.

    Départ de la natation se passe bien. Je me place plutôt devant pour éviter les coups. Le premier tour se boucle en 37’ alors que je pensait avoir nager correctement. Mais j’ai su après que le parcours faisait au moins 4,3-4,4 km. Je sors en 1h15 en 30eme position

    Je prends mon vélo et je fais ma course. Peu importe le braquet des autres. Je monte tout sur petit plateau (36) à 90-100 tpm et j’embraye sur le grand plateau sans jamais forcer sur le plat et les descentes. Je ne regrette pas d’avoir pris mon prolongateur car je suis en position aero environ 40% du temps. Le premier tour les positions ne changent pas mais à partir du deuxième tour, dans les bosses, toujours en moulinant, je lâche pas mal de monde et je rattrape des gars partis trop vite. Je me sens tellement bien que je me demande se qu’il m’arrive. Je me concentre pour ne pas rater de ravitaillement, pour boire (la chaleur monte), pour ne pas trop me laisser embarquer par l’euphorie car je sais que le troisième tour sera le juge de paix. Je décide d’être très vigilant dans les dernières bosses pour ne jamais me mettre dans le rouge mais je fais quand même les descentes pour ne pas perdre trop de temps. Résultats je pose le vélo en 10eme position (6h25 de vélo) , très lucide et assez frais pour faire une transition assez rapide (3-4minutes) et partir sur un rythme correct.

    Départ de la course à pied au moment au les 11eme et 12eme arrivent dans le parc. Je ne m’en occupe pas et je me concentre sur ma course. J’ai repéré le parcours la veille en petit train et je sais que les 10 derniers vont être dur car en faux plat montant. Le premier semi se passe bien même si je commence à accuser le coup. La chaleur est terrible et fait des dégâts. Le parcours n’est pas extraordinaire (contrairement au parcours vélo qui lui était fabuleux). Comme prévu la remontée est très dure mais arrivé là, c’est au moral que cela se joue et je ne lâche rien. Je ne marche que dans la « monstress » pour finir le marathon en 3h35.

    Je franchis la ligne en 8eme position, un peu à l’agonie, écrasé par la chaleur mais heureux, évidemment.

    Je suis fatigué et il ma fallut 1 heure avant de commencer à apprécier mais je suis super content.

    Merci pour tous les conseils de Guy Hemmerlin (Endurance Training Concept) et pour son programme qui ne fait que confirmer qu’il ne faut pas confondre quantité et qualité.

     

     

     
    LANZAROTE 2008
    04h45 – Le réveille sonne. Je n’ai pas très bien dormi. Aujourd’hui c’est mon jour. Je vais concrétiser six mois de préparation. Je sais que je suis prêt mais je sais aussi que sur une course comme celle là tout peut arriver. Il faut avoir un peu de chance. Même si je ne suis pas du tout inquiet pour finir la course (à part un ennui mécanique toujours dommageable) , j’ai quand même un peu de pression : est ce que je vais pouvoir me qualifier pour Hawaii. Nous sommes 260 dans la catégorie V1 et il n’y a que 8 places. Ce n’est pas une obsession mais si j’ai une petite chance, c’est aujourd’hui. Il faudra faire une course pleine de bout en bout.

    Je mange ma baguette, beurre, confiture avec un bol de chicorée. Pas de Gâteau Sport, pas de pâte, pas de truc bizarre. Je prends le même petit déjeuner que d’habitude. Je m’habille tranquillement, je prends mes affaires de natation et je descends vers le parc à vélo, à 200 m de l’appartement. Ceux qui ont déjà eu la chance de faire des IRONMAN le savent bien, l’ambiance dans le parc est très feutrée. Tout le monde est concentré, un peu stressé, pas encore bien réveillé. On ne crie pas, on chuchote. Les mouvements sont lents, les boyaux se gonflent, les gourdes se remplissent. Tous les athlètes semblent dans un état second, un léger sourire crispé sur les lèvres. Dernières accolades, derniers bisous, derniers petits signes d’encouragement. La journée va être longue mais nous sommes tous là pour le plaisir. J’enfile ma combinaison et je passe le control de la puce : ok, tout fonctionne. Je pars nager un peu pour m’échauffer : l’eau est bonne. Je nage 10 minutes en terminant par quelques accélérations. En sortant de l’eau je vois Lionel et Marc, je leur serre la main en leur souhaitant une bonne course, et je me place sur la ligne de départ.

    Les pros sont devant mais je suis juste derrière. Là première chose à faire quand on veut jouer la qualif c’est de ne pas perdre de temps là ou ce n’est pas nécessaire, donc je pars devant en natation. Sous ma combinaison, j’ai déjà ma tenue complète pour le vélo et le marathon (singlet, shorty, et manchons de contention), je ne m’arrête pas pour faire pipi (je me suis entrainé pour le faire en roulant dans un faux plat descendant, c’est l’avantage d’être un garçon), je prends mon ravito à la volée et je mange mon petit sandwich en roulant. Chaque seconde qui n’est pas perdue inutilement, compte mais çà ce prépare.

    6h55, la tension monte. Je visualise ma course et je pense d’abord à faire la plus belle course possible, après, on verra. Je vais tout faire pour ne rien regretter.

    07h00, c’est le départ. Evidemment çà bastonne un peu mais je reste dans le peloton, sans m’écarter pour nager au calme. Pendant les 10 premières minutes je suis terriblement oppressé. Je n’arrive pas à respirer, j’étouffe, je suis au bord de la panique. C’est la première fois que j’ai cette sensation et c’est très désagréable. J’essaie de me maitriser tout en ne perdant pas de vitesse. Enfin je vois un espace devant moi et j’arrive à prendre les pieds d’un gars en allongeant bien. Je baisse ma fréquence de bras, je glisse beaucoup mieux. Je me concentre sur ma technique pour aller chercher loin devant et pousser loin derrière. Miracle, çà va mieux, j’avance mieux et je prends mon rythme de croisière. Je me cale derrière un pro (bonnet Jaune) qui ne doit pas être un nageur fulgurant mais pour moi c’est parfait. Dernière ligne droite pour finir la première boucle. Je reste bien dans les pieds du « bonnet jaune » et je termine le premier tour en 29’. Pas mal, au moins je ne perds pas trop de temps. Je replonge de suite et je continue de nager en amplitude, au plus près des bouées (il y a moins de monde). Je commence à prendre mes marques et je profite du « paysage » (poissons et rochers). Attention à ne pas s’endormir !!! Finalement je sors de l’eau en moins d’une heure, çà commence pas trop mal.

    150 m de plage (sur un tapis s’il vous plait !!!) avec plein de gens qui vous encouragent, j’enlève ma combi sous les douches et je prends mon sac « BIKE » pour aller me préparer sous les tentes de changement. Une bénévole me met de la crème sur les épaules, bras, cou, je mets mon casque, je prends mon dossard et mes chaussures et je cours chercher mon vélo. Je sors du parc qui fait 500 m de long et j’enfourche ma monture pour une virée de 180 km avec 2500D+. T1 environ 6-7 minutes : peux mieux faire.

    Le temps est nuageux, le vent déjà fort, Nord Nord-Est. Il nous sera favorable pendant 30-40 km puis défavorable pendant 90 km (pour grimper les sommets) puis de nouveau assez favorable pour le retour. La chasse au dossard de 777 à 1025 (ma catégorie d’âge) peut commencer. Je saurai plus tard que je sors de l’eau 40eme de ma catégorie. Je roule assez fort dès le début et je double pas mal de gens sur les premiers kilomètres. En réalité, je roule à gauche à 40-45 km/h. Au bout de 10 km il y a une première bosse d’un kilomètre, face au vent. Je me rends compte que je double plein de gens dans les bosses. Est-ce que je ne pars pas trop vite ? J’ai le regard fixé sur mon chrono pour ne pas rater ma cadence de ravitaillement. Je prends du 640 overstim tous les 20 minutes jusqu’à épuisement de mon bidon. En même temps, une gorgée de boisson énergétique tous les 10’ environ. Je saute le ravito du 22eme km car je sais que le suivant est au 40eme et j’ai largement de quoi tenir. La route qui va vers El Golfo passe à travers un champ de lave très récent (300 ans). Le vent est favorable et je roule presque à bloc, à environ 50-55 km/h. Je constate que l’esprit IRONMAN est très bon au niveau du drafting. Chacun respecte les distances ou, en cas de regroupement, roule en se décalant. Je remonte pas mal de dossards V1 et le nombre de vélo commence à se clairsemer. Je dois commencer à me rapprocher de la tête. Les ravitaillements sont annoncés 400 m avant leur présence. Pour celui du 40ème km, je prends en roulant un bidon de boisson énergétique pour faire le plein de mon bidon aéro et je prends une banane. Je suis à 34 km/h de moyenne et c’est maintenant que cela va se jouer car le parcours est assez vallonné sur les 80 km suivant. Sorti d’El Golfo, nous attaquons la route de Timanfaya, les montagnes de feu. Une grande ligne droite de plusieurs kilomètres, qui monte par palier avec un fort vent dans le nez. Je reste sur le grand plateau le plus longtemps possible, (toujours pour ne pas perdre trop de temps) mais au bout d’un moment ce n’est plus raisonnable car je grille trop de force. Je mouline donc un peu plus mais je passe cette partie finalement assez bien (en tous cas mieux que certains qui reste scotchés dans la bosse), sous les encouragements des centaines de personnes qui savent que c’est un point clé du parcours vélo. » Vamos, Vamos, Venga, Venga, venga ». Les crécelles des allemands, les cornes des espagnols : l’ambiance est survolté. Le paysage est époustouflant, volcanique, coloré, désertique. La fin de la montée est à 9% et là, il vaut mieux être cool. Je suis à 14 km/h, face au vent.

    Je bascule enfin dans une descente rapide puis une portion plate, toujours face au vent mais je roule enfin à 35-40 : Merci CERVELO, le casque aéro et la position aéro. Je pense toujours à m’alimenter. Le ravitaillement du 60ème km, à Tinajo, approche. Je jette (dans une poubelle spéciale en forme de grand panier) mon bidon de 640, je reprends un bidon de boisson énergétique et une banane. Je mange une deuxième barre (je me suis fixé une barre par heure + quelques morceaux de banane). Pour l’instant tout va bien. Nous descendons plein pôt vers La Santa (attention aux nouveaux ralentisseurs dans la ville). Je double de moins en moins de monde et surtout de moins en moins de dossard V1 (est ce bon signe ?) Les écarts commencent à se stabiliser mais je me fais doubler dans les descentes par des gros rouleurs. Je suis limite avec mon « 52 dents » à l’avant, mais sur le plat et dans les bosses je reprends un peu l’avantage. Dans le faux plat descendant vers Famara, je satisfais un besoin naturel, en roulant pour ne pas perdre de temps. Je vois au loin la très longue montée de Famara (8 km) vers Téguise mais comme nous virons à 90° sur la droite, nous aurons le vent favorable. Je monte à environ 30 km/h et je double la première féminine. Virage à gauche et nous reprenons le vent de face, qui forcit encore. Le revêtement n’est pas très bon et la pente s’amplifie pour arriver à Téguise : je repasse sur le petit plateau. Je refais le plein au ravito et franchit Téguise, au km 90. Il reste 30km de difficile, avec toute la montagne à grimper.

    Là haut il ne fait pas beau. Nous voyons, plus haut, les nuages bloqués sur le sommet. Au moins nous n’aurons pas très chaud. Je fais rapidement le point mentalement : je me sens bien, les jambes vont bien, pas d’écœurement, pas de problème mécanique, pas trop chaud, la vison panoramique de mon casque aéro est fabuleuse, je ne me fais très peu doubler, et de toutes façons pas par des dossards V1, je suis à 33,5 km/h de moyenne… Bref tous les voyants sont au vert. La deuxième partie vélo peut commencer.

    J’attaque une descente rapide, court répit avant de grimper vers le Mirador d’Haria, le point culminant de la course. Au cours de la reco que j’avais faite en Janvier, j’étais montée assez facilement en 42*23. Seulement là, le vent est défavorable, et je vois que ma vitesse baisse terriblement alors que le pourcentage augmente sensiblement. Pas de panique, je suis avec un pro qui roule aussi vite que moi (12 km/h). Je savais que c’était le moment le plus dur du vélo (je me trompais !!!). Je monte tranquillement mais je décroche quand même quelques gars en passant, c’est toujours çà de pris. Premier lacet, ouf le vent dans le dos, deuxième lacet, aie le vent de face. J’arrive en haut, et là je vois une interminable ligne droite en faux plat montant assez fort, dans le brouillard (on ne voit pas la fin de cette ligne droite et c’est terrible). Je franchis le parc d’éolienne (c’est un signe pour le vent) à 15-16 km/h. C’est très long mais tout le monde est dans la même galère. Le ravitaillement perso approche enfin, c’est la fin du premier calvaire. Je prends ma musette, je cale mes sandwiches jambon/fromage dans ma poche, je remplace mes bidons et j’attaque la descente très dangereuse vers Haria. Pas le temps de manger, il faut être très concentré, d’autant plus que des rafales très fortes tentent désespérément de me « mettre au tas ». Les relances sont courtes, les virages en épingle sont nombreux, la pente est assez forte et je prends (trop) rapidement de la vitesse. Heureusement la fin de la descente est constituée de lignes droites très rapides (70 km/h). Nous sommes au creux d’une vallée, dans une palmeraie très jolie mais devant nous c’est le Mirador Del Rio, dernière grosse difficulté en vélo. Je prends le temps de manger mon sandwich, en roulant. Le soleil semble revenir mais le vent ne faiblit pas. Juste avant d’attaquer vraiment la montée vers le Mirador Del Rio, il y a deux bosses terribles, assez courtes mais pentue (12-13%), avec un revêtement pourri. Je suis planté à 9 km/h , tout à gauche (42*23), debout sur les pédales. J’espère que ma chaine va tenir. Enfin c’est la montée vers le Mirador, route fabuleuse le long de la falaise avec vue sur les eaux bleues turquoise de l’Ile de la Graciosa. Au sommet, je l e suis encouragé par Nicolas Verdes de Dinan, venu prendre des photos pour Xmag.

    Je suis au km 118 et la fatigue commence à se faire sentir. Mais le plus dur en (vélo) est derrière moi et je suis encore à 30.7 de moyenne. Je fais le plein et je me lance dans la descente de 15 km, vent favorable vers Arrieta. Au début la route est pourrie et je vois un gars qui gère une crevaison. Je n’ose même pas y penser. A ce moment là je me fais doubler par trois « Teutons », des mollets comme mes cuisses et des cuisses comme…mes deux cuisses, avec des roues lenticulaires (!!!!), tout a droite, à bloc dans la descente, qui portent des dossards V1. Merde !!!, il faut que je m’accroche. Je fais donc la descente à fond, limite risquée, avec des pointes à 78 km/h pour ne pas me faire trop distancer. En bas ils sont à 500 m devant environ. Pendant 15-20 km c’est du plat ou du léger faux plat montant mais avec vent dans le dos. Pas le genre de terrain qui m’avantage par rapport à ces envoyeurs de gros. Mais je ne panique pas, je me dis qu’on se retrouvera sur la course à pieds. Je roule à ma main, entre 35 et 45 km/h selon le profile. Nico Verdes me double en moto en prenant quelques photos. Au kilomètre 140, virage à droite et là c’est 5 km de faux plat montant avec une route au revêtement complètement pourri et fort vent de face. Le public est nombreux et les encouragements fusent. Ils savent où le parcours est difficile. Attention aux crevaisons, même si on ne peut pas y faire grand-chose. C’est de nouveau le petit plateau et là je retrouve deux de mes « roues lenticulaires » dans le dur. Je sors de cette zone sans encombre. La fatigue augmente et je sens que j’ai moins de force dans les cuisses

    Dernier ravitaillement au km 160 puis c’est le retour vers Puerto Del Carmen, en restant vigilant car il y a quelques descentes rapides qui peuvent être dangereuses en fin de parcours (j’ai vu un gars dans les décors !!!). Enfin, c’est l’arrivée. 5h30 de vélo. Je suis content de mon vélo même si je sais que rien n’est fait car il reste le marathon. Je descends de vélo, je cours avec jusqu’à une bénévole qui va le gérer et je pars chercher mon sac « RUN ». Je fonce à la tente de changement, j’enlève mon casque, mets mes tennis, prends ma ceinture dossards avec mes gels, casquette, lunette et c’est parti. Le soleil tape et il fait chaud. Il faudra gérer çà en plus. T2 environ 5-6 minutes (c’est mieux). Je sais que les « V1 lenticulaires » sont juste derrière mais je ne sais pas ou j’en suis globalement au niveau des places (je le saurais plus tard, je suis 8eme V1 à ce moment là).

    Le départ de la course à pied n’est pas facile. Déjà mentalement c’est un moment clé car je suis déjà fatigué et j’ai une course mythique à réaliser : un marathon. Il faut savoir que çà va être long et difficile, ennuyeux parfois, surtout sur un parcours à base d’aller retour. Physiquement ensuite, le départ est toujours délicat. Il faut remettre la machine en route et les jambes sont lourdes. Il me faut souvent quelques kilomètres pour « rentrer » dans la course. Enfin d’un point de vue énergétique, il faut gérer les ravitaillements avec un estomac qui ne fonctionne pas bien en plein effort et sous la chaleur. Le marathon, à Lanzarote, est constitué de quatre aller/retour de 10,500 km le long de la côte. C’est assez monotone mais en contre partie, il y a plein de gens pour vous encourager et vous soutenir. Et le public répond présent tout au long du marathon, c’est génial. Le parcours est assez plat mais quelques faux plats cassent un peu le rythme. Des faux plats insignifiants quand on fait un footing de 10 bornes sec, mais qui deviennent des montagnes après 6h30 de course.

    Je pars sur un rythme assez élevé, les jambes répondant bien. Les ravitaillements sont disposés de façon équilibrée sur la boucle et je n’en rate aucun. Eau, Coca, boisson énergétique, Gels, banane…Il y a le choix. En plus les bénévoles proposent des éponges avec de l’eau fraiche. Ma stratégie est simple. Je prends trois éponges que je change à chaque ravito. Deux coincées au niveau des épaules sous le singlet et une coincée par le shorty sur les lombaires. Un ravitaillement sur deux c’est coca, sinon c’est de l’eau et je prends un gel toutes les 30 minutes. Au premier demi tour j’essaie de compter le nombre de V1 qui sont devant moi. Nous ne sommes pas encore trop nombreux sur le parcours à pied et c’est plus facile. J’en dénombre environ 7 mais ce n’est pas sur à 100%. Les 5, 6, 7 ne sont pas trop loin. Par contre les 9, 10, 11 ne sont pas loin derrière non plus : çà va être chaud. Je double rapidement mon copain Stéphane (V1) qui est dans le dur (Il abandonnera plus tard) puis au début du deuxième tour je double le dernier « grosses cuisses ». Malheureusement, je me fais doubler par un vétéran qui semble bien frais. Pas de panique, surtout ne pas sauter de ravito et gérer. J’accélère dans les faux plats descendants et j’essaie de me concentrer sur ma foulée dans les montées. C’est dur, il fait chaud. Dans la tête je suis solide pour l’instant. Je me prends à rêver de la Qualif qui est à portée, çà occupe l’esprit et çà m’oblige à être vigilant. A chaque aller et retour je suis encouragé par Pierre et Joël, les deux supers G.O. de Triathlon Performance. Tout d’un coup je suis dépassé par une fusée qui est en V1. Impossible de le suivre (il terminera deuxième V1 en ayant posé le vélo 21eme V1). Heureusement je finis le deuxième tour en doublant en autre V1 qui craque complètement. A chaque début de tour la foule en délire vous acclame et vous relance. Encore un semi à courir. Mentalement le troisième tour est le plus difficile pour moi. Je le trouve interminable. Je double Marc et Stéphane qui commence juste leur marathon. Leur vélo s’est bien passé même si Lionel a trouvé le vélo très difficile au alentour du 100 km (Mirador de Haria). Il ne manquerait plus que çà qu’un IRONMAN soit facile. Je m’accroche dans les « bosses ». J’essaie de conserver mon allure même si je vois que j’ai baissé. Mais je m’efforce de ne pas avoir une allure de footing mais de courir vraiment. J’allonge légèrement la foulée quand je le peux, je m’hydrate bien, je me rafraichis bien avec les éponges. Tout d’un coup je vois le gars qui m’a doublé dans le deuxième tour. Il est cuit (encore plus que moi). Je le passe en lui donnant une petite tape d’encouragement dans le dos mais je le laisse sur place. J’ai mal aux cuisses et aux hanches mais la douleur n’est qu’une information, n’est ce pas. Enfin, l’information, je l’ai en direct et sans discontinuer et je suis même tenté de marcher. Mais je me dis que je ne me suis pas payé ces heures d’entrainements pour lâcher à un tour de l’arrivée. J’enfile le dernier chouchou, le orange, celui du dernier tour. Je regarde alors ma montre pour la première fois du marathon : 9h10 de course. Super, çà veut dire que même si je fais du 10,5 à l’heure, j’aurais fais un meilleurs temps que prévu (je comptais sur 10h15-10h30). Cette information me donne le moral et j’essaie d’être le plus efficace possible avec le peu de force qui me reste. Je suis à la limite des crampes sur les quadriceps mais au dernier demi -tour, je vois que pour la qualif c’est presque bon. Je suis 5 ou 6 mais derrière il y a 3-4 minutes. Il ne faut pas que je craque mais je peux gérer un peu. Je me fais juste passer comme une flèche par la première féminine, à 1 km de l’arrivée, au dernier ravito.

    Enfin, après les interminables faux plats de la fin de la boucle, je vois la ligne libératrice. Je sprint sur les 100 derniers mètre et je franchis la ligne radieux. Epuisé mais radieux, avec la quasi certitude d’avoir la qualif (tant que je n’avais pas le papier dans la main, je n’étais pas sur) et très heureux de mon chrono. Accueilli par Nico Verdes, le reste n’est que banalité : ravito, massage, douche , sieste, bière….le tout sur un petit nuage.

    ALOHA !!!

     
     
    Val d'Aran 2008

    Cette année le duathlon du Val d'Aran sert de support au championnat de France LD, soit 12,5 km de CàP, 83 km de vélo (dont l'ascension du col, de Menté dans les deux sens) et 10 km de CàP. La semaine chargéeen entrainement que je viens de passer me laisse un peu inquiet quant au déroulement de la course qui vient.
    Je me lève assez tôt pour pouvoir digérer ma baguette fraiche / beurre / confiture qui devrait m'apporter de l'énergie pour une partie de la journée. Je sens quand même que les jambes sont assez lourdes. Je crains un peu le démarrage rapide,typique des duathlons. Jean Christophe semble serein et sûr de lui, fort de son expérience sur cette course. Nous partons poser nos vélos dans le parc, non sans nous faire remarquer : en effet, pour cette course de montagne, nous avons opté pour un vélo de chrono et une roue paraculaire. Bon, nous l'avions testé avant et pour nous, pas de problème, ça monte aussi vite. Mais les gens nous regardaient avec le regard d'un canard qui aurait trouvé une brosse à dent.
    9h00 : Je pars m'échauffer. Les jambes sont très lourdes. Je me demande comment je vais pouvoir démarrer. Les sensations sont très mauvaises. J’essaie de faire quelques accélérations pour décoincer la machine mais ce n’est pas génial. L’heure du départ approche et je rentre dans le sas « Master », à coté de Jean Christophe et Gilles.
    Le départ est donné et je pars à environ 15 à l’heure. Pas trop vite mais assez pour essayer de me placer pendant le kilomètre de plat avant les 5 km de montée. Sur le plat tout va bien, je double Marion Clignet, mais dès que j’attaque la bosse, je sens que les jambes ne suivent pas. Le souffle est court et je n’ai pas de force. J’ai Sylvie Quitto (la championne de France en titre) en ligne de mire et je tente de m’accrocher mais je commence à me faire doubler. La première partie est très pentue mais la pente diminue un peu sur les deux derniers kilomètres. Gilles me double assez rapidement, au train, puissant dans les côtes. Enfin nous arrivons en haut de la première bosse. Demi-tour et trois km de descente nous attendent. Il faut faire attention aux chevilles car c’est un parcours Trail. La Je commence à me sentir mieux mais c’est sans compter la terrible remontée sur le village de Melles, limite à marcher, où là, je vois que je n’ai pas de force dans les cuisses. Jean Christophe me rejoint dans la descente et là, je me refais la cerise. La dernière partie de plat (trail) se passe bien et je commence à entrevoir la suite d’une façon plus optimiste. Nous arrivons dans le parc à vélo au bout d’une heure de course et c’est le départ pour la partie vélo.
    JC part quelques secondes avant moi et je pense que je ne le reverrai pas. En ce moment, il est plus fort que moi en vélo et il connaît cette course. Il prendra plus de risque que moi dans la montée et il est bien meilleur que moi en descente. Je pars quand même à bloc, roue paraculaire et casque aéro sur la tête. Je reprends déjà plein de personnes sur les 6km de partie plate avant l’attaque du col. Puis, fini la rigolade, je mets le 38*23 et c’est parti pour 10 km d’ascension à 9.5% de moyenne. Je double plein de coureurs qui regardent, ahuri, un deuxième mec en paraculaire (JC n’est pas loin devant) dans un col, qui va plus vite qu’eux. Certains me demandent si c’est un défi, d’autres me demandent si ce n’est pas trop dur d’amener une roue comme cela. « Bah non, tocard, puisque je suis en train de te laminer !!! »
    En bas du col, il fait très chaud et je me demande si le casque aéro est une bonne idée. Pourtant, au fur et à mesure que je monte, la température baisse donc tout va bien. Les jambes vont bien, le souffle aussi et je pourrais aller plus vite mais comme je double plein de monde et que je ne sais pas si le fait d’aller plus vite va me faire exploser, je reste sur mon rythme de 13km/h. Au bout de 40mn d’ascension, j’arrive au sommet, je prends du coca à la volée et j’attaque la descente, dans le brouillard. Je me fais reprendre par 2/3 gars mais je fais une descente relativement correcte. Il faut être prudent car on prend de la vitesse très rapidement. Le bas de la descente est assez difficile, avec quelques remontées très sèches qui cassent les jambes. Je suis en position aéro le plus souvent possible sur cette partie plus roulante. Je double toujours du monde.
    Tout d’un coup, JC revient sur moi. Il avait crevé en bas du col et je ne l’avais pas vu. Il a perdu 5 minutes et il est énervé. Il me repasse et me lâche tranquillement. Nous doublons à quelques secondes d’intervalle un gars de Toulon à qui je dis : non tu ne vois pas double (deux Cervélo, deux paraculaires, deux casques Aéro). Le gars est mort de rire et il crie à ses potes : « eh, voilà les frères Schleck ».
    Après la petite boucle demi tour, j’embraye dès que c’est plat et faux plat, et je gère dès que la pente s’élève trop. Je sens quand même que je n’ai pas des jambes de feux et il y a encore le col de Menté à grimper. Heureusement, le temps est couvert et il ne fait pas trop chaud. Je reprends encore pas mal de monde dans l’ascension. Il y a même des gars arrêtés sur le bord de la route. Enfin, c’est le sommet et je bascule rapidement en essayant de faire une descente propre. Sur la dernière partie de plat qui nous ramène au parc, je visse à mort et je dépose les gars qui m’avaient doublé dans la descente (non mais !!!!). C’est l’arrivée au parc et il ne reste que 10 km à pieds.
    Les enfants Arros et la famille Le Goff me renseignent sur les écarts. JC est 3’ devant et Gilles environ 10’ devant. Je pars aussi vite que je peux pour deux boucle de 5 km. Le début est une partie roulante le long de la Garonne mais au bout d’1 km une grosse bosse me montre que je n’ai plus de force dans les jambes. C’est très dur mais c’est pareil pour tout le monde. Le parcours monte et descend jusqu’au demi-tour où nous attend le ravitaillement. Le retour vers le parc est aussi difficile et j’attends avec impatience la partie plate. Je croise JC et Gilles qui ont l’air de souffrir aussi (il y a enfin une justice !!!). J’arrive au parc, je me ravitaille (coca, coca, coca) et je repars pour la deuxième boucle. Sur le plat les jambes répondent bien mais dans la grosse bosse, je marche, les mains sur les cuisses, sur quelques mètres pour pouvoir mieux relancer en haut. Et çà marche. Je reprends du temps sur JC et Gilles. Enfin, je termine à bloc cette course magnifique, content et finalement en assez bonne forme (Enfin c’est ce que je croyais. La semaine suivante me montrera qu’en réalité je suis fatigué).
    Le duathlon du Val d’Aran est une course magnifique, très bien organisée, dans une superbe ambiance. Je la recommande vraiment à tout le monde.

     

     
    HAWAII 2008

    4h00 – Je n’ai pas très bien dormi cette nuit, la sonnerie du réveil me sort de mon lit sans difficulté. Plus par crainte de rater le réveil que par peur de la course. Je sais que je ne suis pas aussi bien préparé que  pour Lanzarote (moins de motivation pour l’entrainement, entrainement tout seul en juillet-août, reprise du boulot, entorse de la cheville qui a stoppé ma préparation à pieds à 3 semaines de la course). Pourtant, avec quand même une moyenne de 15h d‘entrainement par semaine sur les trois derniers mois, je suis assez serein. Je commence à avoir une petite expérience qui me sert à chaque course, mais je sais aussi qu’il faut toujours rester humble vis-à-vis de cette course. Sur un IRONMAN tout peut arriver. Mes seules vraies angoisses tournent autour de l’incident mécanique en vélo et autour des arbitres qui ont la main lourde sur les cartons. Or à Hawaii, le niveau est très dense et avec 1800 gus qui sortent de l’eau par paquet, il faut rester très concentré sur les distances à respecter (7m)  et sur le temps maximum pour doubler (20’’).

    Je prends comme d’habitude un bon petit déjeuner (pain, beurre et miel) puis à 5h00 nous partons en van vers le départ de la course. Tout le monde est un peu tendu dans le groupe Triathlon Performance, çà rigole moins que d’habitude. Chacun visualise sa course dans sa tête. Nous sommes tous venus là pour faire de notre mieux et au minimum finir cette course, coûte que coûte. Mais nous savons tous que cette journée va être très difficile et très longue. Nous sommes au championnat du monde IRONMAN et le niveau est très élevé. De plus ce matin le vent est plus fort que pendant la semaine et le parcours est réputé pour être usant moralement et physiquement.

    Arrivé sur place, c’est l’effervescence. Le soleil n’est pas encore levé mais il y a du monde partout. Comme tous athlètes, je dépose mon ravitaillement perso dans un camion, avant d’aller au marquage. Pour çà, nous traversons l’infirmerie : elle est prête. Défibrillateurs, bassines avec eau glacée pour les hyperthermies, des batteries de perfs, de kinés… Si je peux, je vais éviter d’y revenir. Puis vient le marquage : on nous tamponne des gros numéros sur les deux bras. Tous les bénévoles sont extraordinaires, nous encouragent, ont tous le sourire.

    Enfin, je rentre dans un des points névralgiques de la course, le parc à vélo. Je retrouve mon fidèle Tornado, euh pardon, P2C, j’installe mes gourdes. Pas besoin d’amener une pompe, les bénévoles se baladent avec dans le parc et ne demandent qu’à nous aider. Une fois mon vélo prêt, je remonte le parc pour aller vers les numéros de 1 à 20. Tous les pros sont là, en train de préparer leurs affaires tranquillement. Macca  gonfle ses boyaux, Stadler installe sa gourde et discute en se marrant avec Faris Al Sultan. Patrick Vernay a l’air concentré, Greg Alexandre est déjà prêt, Eneko Llanos peaufine ses réglages. Elle n’est pas belle la vie ?

    Je dépose dans un camion mon sac « PRE SWIM », je retrouve ma femme qui me donne un dernier encouragement (çà va être aussi une longue journée pour elle) et je rejoints mes copains à coté de la petite plage du départ. Il est 6h15 et les pros partent dans trente minutes. Une gorgée de boisson d’attente, un gel, de la crème anti-frottement  et l’heure du départ approche.

    Nous descendons doucement vers le bord de l’eau, le stress du départ monte doucement. C’est normal, la course va être dure. Le speaker annonce l’hymne national Américain. Celui-ci sera chanté a capella par un chanteur local. Le message du speaker est très clair : ENJOY YOUR RACE !! On va essayer, on va essayer.

    PAN !!! Coup de  canon. Les pros sont partis sous les hourras de la foule et des Groupes d’Age. Dans 15 minutes aura lieu notre départ. Je rentre dans l’eau pour m’échauffer un peu. Le départ a lieu dans l’eau. Il faut nager 150 m pour se placer et il faut attendre, en sustentation, le moment du coup de canon. L’eau est bonne. Mon champ de vision n’est que bonnets verts (les hommes) et bonnets oranges (les femmes). Je visualise bien les bouées du parcours (3900m , un aller de 1900m, 100m vers la droite pour contourner un bateau et un retour de 1900 m). Je me place plutôt vers la gauche de la ligne pour éviter trop de monde et je regarde ma montre. Le départ est imminent, le stress s’est envolé, je suis déjà dans la course.

    PAN !!! Deuxième coup de canon. C’est notre départ. Le départ de LA COURSE.
     Le départ du FORD IRONMAN WORLD CHAMPIONSHIP. Et je fais parti de l’évènement, c’est génial. Enfin pour l’instant je suis plutôt dans la lessiveuse. Devant, derrière, sur les cotés, il y a du monde partout et çà bastonne. Je pars assez vite mais pas à fond. Je sais qu’ici le niveau natation est très haut et je connais mon niveau à moi. Contrairement à d’habitude, je ne suis pas asphyxié complètement. Je suis entouré de partout. J’essaie au maximum de « prendre les pieds » pour m’économiser mais ce n’est pas facile de trouver la bonne personne qui a la bonne allure. Au bout de 15’, généralement, dans une course classique, je trouve ma place pour nager et je prends mon rythme de croisière. Ici, non !!! Je suis encore dans la baston. Tout le monde nage à la même vitesse, les filles comme les garçons. Et le demi-tour est encore loin. Je ne vois même pas le bateau qui sert de repère. Je prends quelques coup au passage mais j’en donne aussi (y’a pas de raison !!!). Enfin, le bateau est en vue et je l’atteins au bout de 31 minutes. C’est correct, mais le franchissement du bateau et des bouées de l’extrémité du parcours est assez mouvementé et j’attaque le retour au bout de 33’ de course. A Hawaii, le retour est souvent plus long à cause d’un courant contraire (et accessoirement  de la fatigue). Par contre, les nageurs commencent à se clairsemer (il serait temps, au bout de 2000m !!!) et j’arrive à nager plus calmement. Trop calmement car j’ai du mal à accélérer.  Si bien que je me retrouve tout seul à galérer, entre deux groupes. Je n’avance pas très vite !!! Heureusement, un gars me double sur la gauche et j’arrive à faire l’effort pour me caler dans ses pieds. Il me ramène sur le groupe devant et nous terminons ensemble. Nous sommes presque au bout. Je regarde ma montre : 59’. Vu ce qu’il reste, j’estime mon temps à 1h03’, se qui serait correct pour moi, pour 3900m sans combinaison. Seulement, je me suis trompé dans mon estimation de distance. L’arrivée n’est pas au bout du pier mais sur la plage. Il me manque encore 200m. Et devant moi, un mur de nageurs qui n’avancent pas mais que je ne peux pas doubler car ils nagent sur la même ligne. Résultat, 1h07’. Bof, moyen mais je sors de l’eau très content car maintenant la course va pouvoir commencer pour moi.

    Je passe sous la douche et je me rince un peu pour enlever le sel puis je récupère rapidement mon sac vélo et je file dans la tente de changement. J’enfile rapidement mes chaussettes, je prends ma ceinture dossard,  je mets de la crème solaire sur les bras et les épaules et je cours chercher mon vélo. J’enfile mon casque, je sors du parc et j’enfourche mon spad. C’est parti pour 180km de vélo.

    Il fait déjà chaud. Nous commençons par faire un tour en ville, pour que les spectateurs nous voient passer plusieurs fois. C’est la foule aussi bien sur les bords de la route que sur le parcours vélo. Impossible de ne pas rouler en paquet et je suis très vigilant pour ne pas prendre de cartons. Je roule sur  la file de gauche car je ne fais que doubler mais dès que je baisse légèrement de rythme, je me fais repasser. Je suis un  peu en dedans, je regarde un peu la course de l’intérieur, je profite du monde, de l’ambiance, du moment, de l’endroit où je suis, de la chance que j’ai d’être sur la course longue distance la plus relevée du monde. Bon, il faut quand même que je me réveille. Une fois le tour en ville effectué, nous partons sur la Queen K. Highway  pour un aller retour de 170km.
     Le vent est légèrement favorable et çà roule assez vite (45-50 km/h). Seulement, il y a un problème. Normalement à cette vitesse, sur les courses que j’ai l’habitude de faire, je ne fais quasiment que doubler. Même à Lanzarote, je ne me suis fais doubler en vélo que par une dizaine de personne. Là, c’est par paquet de 20, que çà double dans tous les sens. Attention, quand je dis « paquet », ce n’est pas complètement exact. C’est plutôt une file ininterrompue de gars et de filles qui me passent comme une fusée, en respectant au mieux les distances : dans l’ensemble c’est assez réglo au niveau du drafting. Par contre le niveau est ahurissant : çà envoie du 54x11 ou  55x11 dans tous les coins. Des mecs avec des mollets comme mes cuisses,  des grands, des petits, des maigres, des balaises, des mecs, des nanas, des jeunes, des vieux : tout le monde roule à donf.  Le point positif c’est que dans toutes les parties montantes, beaucoup ralentissent alors que moi non, et donc je redouble pas mal de monde. Dans cette folie, il ne faut surtout pas oublier de se ravitailler. Je mange et je bois très souvent (toutes les 10’ environ). La chaleur monte très rapidement. Le corps et les jambes chauffent. Les gourdes aussi. Je décide donc de prendre des gourdes d’eau fraiche pour m’arroser à chaque ravitaillement, de changer ma boisson énergétique à chaque fois et de prendre quelques gels en passant. Les ravitaillements sont très longs, très bien fournis et les volontaires sont extraordinaires. Ils nous encouragent, nous donnent les bidons à la volée. Il suffit de leur faire un petit signe quelques mètres avant, de ralentir un peu et ils courent à coté de vous pour vous donner la gourde. Et à chaque fois on entend un YES !!! « Good job man ». Par contre comme nous sommes nombreux, il faut être très vigilant pour ne pas tomber.

    La course poursuite continue pendant 45 km quand nous arrivons au niveau du Hilton. La route s’élève un peu, nous tournons à gauche et le vent forcit en étant défavorable. La montée vers le demi-tour d’Hawi est une rampe (2 à 3% avec des passages à 5%) à étage. Le vent est tourbillonnant et des fortes rafales latérales me font faire des écarts d’un ou deux mètres sur la gauche. La vitesse a fortement chuté mais finalement je dépasse plus que je ne me fais dépasser.

    Tout à coup, les voitures en face annoncent l’arrivée des premiers. Les voilà, qui déboulent à fond dans la descente. Je crois reconnaître Norman Stadler et Eneko Llanos qui roulent devant. Faris Al Sultan n’est pas loin derrière, ainsi que Patrick Vernay. Macca a l’air d’être plus en difficulté. Le vent ne faiblit pas et les rafales me balancent  toujours sur les côtés. Je double Alexandra Louison (partie 15’ avant, avec les pros) qui soufre un peu dans le vent puis j’arrive au demi-tour. Je fais un arrêt d’une minute pour prendre mon ravito perso (sandwich jambon/fromage entre autre) et je repars dans la descente, vent favorable. Il fait très chaud et signe inquiétant,  mon souffle est brulant. Mon corps n’arrive plus à se refroidir correctement. J’ai l’impression d’avoir de la fièvre. Je pense à m’hydrater et m’asperger le plus souvent possible mais au niveau aéro et performance il y a plus efficace. Enfin, l’important c’est de gérer pour pouvoir continuer. Dans la descente je me refais pas mal doubler par des gars en position aéro alors que moi je m’accroche à mon guidon pour ne pas me faire renverser par le vent. Mais comment font ils ?

    Arrivé en bas, au 120 km, j’accuse un peu le coup. Surtout que le vent est de nouveau défavorable et çà, jusqu’à l’arrivée vélo. J’ai encore de la force mais je ressens une fatigue générale et un léger écœurement que je reconnais bien. Je suis en train de prendre un petit coup de chaud. Je fais donc extrêmement attention, à chaque ravitaillement, de prendre du frais, aussi bien en eau qu’en énergie, et je me force à prendre un gel pour ne pas faire d’hypo. La route est une succession de montées et descente à 2 ou 3 %, relativement usantes. Ici, le niveau est tellement dense qu’à la moindre baisse de régime, tu te fais passer dans tous les sens. Pourtant, j’arrive à conserver une vitesse correcte et je retrouve doucement des bonnes  sensations vers les 150km. Au km 160, çà va mieux et je me remets à rouler (40 km/h environ) quand je me fais déposer par une nana sur un P3C qui roule au moins à 45-48 km/h. Quand je vous dis que le niveau est balaise. Enfin, je quitte la mythique Queen K Highway pour descendre Palani Road et arriver dans le parc à vélo. 5h26, un peu plus de 33 de moyenne. C’est pas mal mais je pensais pouvoir faire mieux. Peut être à ROTH, l’an prochain.

    Enfin, à l’entrée du parc je donne mon vélo à un bénévole et je file chercher mon sac de course à pieds. Enfin, je file…. C’est une façon de parler car après 180km de vélo, les premières sensations nous rapprochent plus de l’éléphant dans la boue que de la gazelle dans la savane. Je m’assieds dans la « changing tent » et je commence par changer de chaussettes puis je mets de la vaseline sous les bras pour éviter les brûlures par frottement. J’ai un peu mal au pied donc j’enlève mes chaussettes, je mets de la vaseline sur mes pieds, je remets mes chaussettes et mes joggings, je prends ma ceinture dossard avec mes gels, ma casquette, mes lunettes, je mets de la crème solaire (il est environ 13h30 !!!) et le pars pour le marathon. La forme semble plutôt bonne. Pourtant je sais que mon objectif de 10h00 ne sera pas pour aujourd’hui. Déjà 6h45 de course au début du marathon et je sais que je ne peux pas, aujourd’hui en tous cas, faire un marathon en 3h15.

    Je pars donc sur une allure assez cool, sans pression, en me disant que normalement un marathon en 3h45 pour faire moins de 10h30, c’est super jouable. La suite m’a montré que ce n’est pas si facile que çà.

    Le parcours peut être découpé en 4 parties. La première partie est constituée d’un aller-retour sur la mythique Alii Drive (La rue des rois), sur environ 14 km. Ensuite, deuxième partie, on monte Palani Road pour reprendre la Queen K. pendant 10 km pour arriver à Energie Lab. Troisième partie, traversée d’Energie Lab sur 6 km et quatrième partie, retour par la Queen K. sur 10 km.

    Les cinq premiers km se passent bien même si je sens que j’ai encore très chaud.
     La foule nous encourage tout au long du parcours (good job guys, good job, come on, come on !!! What a day !!!). Seulement, Alii Drive, au premier abord, à l’air d’être plat mais en réalité c’est une succession de rampe à 2 ou 3 % qui usent énormément. A chaque ravitaillement je prends des éponges que je cale dans mon singlet, du coca et je prends un gel un ravito sur deux. La route longe la plage et les palmiers. C’est superbe et il faut en profiter car après Alii Dr. Le parcours du marathon est plus « rugueux ». Je n’ai pas des jambes de feu et j’ai légèrement mal aux quadriceps. Le manque d’entrainement à pieds va se faire sentir. Rien de dramatique mais je ne peux pas accélérer. Je commence à accuser le coup et mon estomac me dit qu’il préfèrerait une pizza plutôt qu’un Xième gel énergétique avec du coca. Alexandra Loison me repasse avec sa petite foulée efficace. Mon copain Nico me rejoint avant de s’arrêter vomir : la chaleur fait des dégâts. Avant le demi-tour, je vois d’autres de mes potes de Triathlon Performance qui sont légèrement devant. Damien (8eme à Nice) et Rudy le Belge semble bien. Laurent Lambert à mal à son mollet (il n’aurait pas du prendre le départ mais nous sommes à Kona), Xavier Bénat semble ok lui aussi. A la fin d’Alii Dr., je vois Dominique, ma femme, qui m’encourage et qui me demande si çà va. Je lui réponds que j’ai mal aux jambes, mal au ventre et qu’il me reste 26 km à faire dans un four mais sinon çà va. Le moral est bon, je vais gérer mes petites difficultés. Fin de la première partie du marathon.

    Pour la deuxième partie du marathon, je commence par monter Palani Road. Cette bosse fait mal aux jambes mais j’ai de la chance d’avoir pour spectacle l’arrivée des premiers. Je vois débouler Greg Alexander, suivi d’Eneko Llanos. Ils me mettent 26km de cap dans la vue. Je rate les suivants mais Patrick Vernay nous croise en faisant 7 avec ses doigts au public (en réalité il sera 6ème). J’arrive sur la Queen K et Norman Stadler arrive en face. Cette partie vers Energie Lab est une très longue succession de faux plats montants et descendants. Je ne suis pas au mieux de ma forme et je ne pense qu’à aller d’un ravitaillement à l’autre sans penser au chrono (je vois alors les 10h30 s’éloigner). Nico me repasse et semble beaucoup mieux. Les bénévoles nous « poussent » toujours autant. Je fais un bout de chemin avec Eric Millard du BMT (Beaune Monnot Triathlon) qui semble autant dans le dur que moi. Pire même car je le lâche au train dans la dernière bosse avant Energie Lab. Il fait un peu moins chaud car le soleil est un peu caché, mon estomac ne va pas trop mal et au niveau des jambes ce n’est pas pire. Je me fais quand même reprendre par quelques coureuses et coureurs mais j’attaque la troisième partie, Energie Lab, dans une forme ascendante. A E.L. c’est la fête. Musique Rock, messages persos sur grand écran. Je double Xavier qui semble un peu en perdition. J’échange quelques mots avec lui puis je le décroche au train. Enfin le demi tour est là, let’s go to the finish line. Je regarde ma montre et je fais un rapide calcul. Si je monte bien E.L. et si je fais un bon 12km/h, je peux être sous les 10h30. Seulement il reste 13km et ma forme peut rechuter. En remontant Energy Lab, je double Benjamin Samson qui est scotché au goudron. Il me dit qu’il a fait la natation à fond pour la prime (il fait le deuxième temps des PROS), puis le début du vélo à bloc pour montrer le vélo (Look 596) et que maintenant il est sec. Je le lâche aussi. La montée est assez difficile mais je ne perds pas trop de vitesse. En haut je me fais passer par deux nanas et par Yves Tabarant, toujours Costaud à 59 ans.

     Pour la quatrième et dernière partie du marathon, j’adopte la même technique qu’à Lanzarote. Je relance dans les descentes, je gère dans les montées, je prends du Coca à tout les ravitos et un gel un ravito sur deux. Résultats, malgré les douleurs aux jambes qui s’amplifient (mais qui ne sont que des informations) je remonte du monde et je reste dans les temps pour les 10h30. Enfin le panneau 40km est là et il ne reste que deux kms dont 1 de descente, un de plat et l’arrivée. J’accélère un peu en donnant mes dernières forces pour avoir un peu de marge et profiter de cette arrivée mythique.

    Elle est là. Elle est devant moi. Cette arrivée que beaucoup aimerait passer et que j’ai la chance franchir. Je lève les bras au ciel, très content d’avoir trouvé quelques ressources pour passer sous les 10h30. Même si j’espérais un peu mieux, je n’ai aucune déception. J’ai une énorme satisfaction d’entendre The Voice of Ironman, dire : Arnaud Constans (le prononcer à l’américaine) : YOU ARE AN IRONMAN.