4h00 – Je n’ai pas très
bien dormi cette nuit, la sonnerie du réveil me sort de mon lit sans difficulté.
Plus par crainte de rater le réveil que par peur de la course. Je sais que je ne
suis pas aussi bien préparé que pour
Lanzarote (moins de motivation pour l’entrainement, entrainement tout seul en
juillet-août, reprise du boulot, entorse de la cheville qui a stoppé ma
préparation à pieds à 3 semaines de la course). Pourtant, avec quand même une
moyenne de 15h d‘entrainement par semaine sur les trois derniers mois, je suis
assez serein. Je commence à avoir une petite expérience qui me sert à chaque
course, mais je sais aussi qu’il faut toujours rester humble vis-à-vis de cette
course. Sur un IRONMAN tout peut arriver. Mes seules vraies angoisses tournent
autour de l’incident mécanique en vélo et autour des arbitres qui ont la main
lourde sur les cartons. Or à Hawaii, le niveau est très dense et avec 1800 gus
qui sortent de l’eau par paquet, il faut rester très concentré sur les distances
à respecter (7m) et sur le temps maximum
pour doubler (20’’).
Je prends comme d’habitude
un bon petit déjeuner (pain, beurre et miel) puis à 5h00 nous partons en van
vers le départ de la course. Tout le monde est un peu tendu dans le groupe
Triathlon Performance, çà rigole moins que d’habitude. Chacun visualise sa
course dans sa tête. Nous sommes tous venus là pour faire de notre mieux et au
minimum finir cette course, coûte que coûte. Mais nous savons tous que cette
journée va être très difficile et très longue. Nous sommes au championnat du
monde IRONMAN et le niveau est très élevé. De plus ce matin le vent est plus
fort que pendant la semaine et le parcours est réputé pour être usant moralement
et physiquement.
Arrivé sur place, c’est
l’effervescence. Le soleil n’est pas encore levé mais il y a du monde partout.
Comme tous athlètes, je dépose mon ravitaillement perso dans un camion, avant
d’aller au marquage. Pour çà, nous traversons l’infirmerie : elle est prête.
Défibrillateurs, bassines avec eau glacée pour les hyperthermies, des batteries
de perfs, de kinés… Si je peux, je vais éviter d’y revenir. Puis vient le
marquage : on nous tamponne des gros numéros sur les deux bras. Tous les
bénévoles sont extraordinaires, nous encouragent, ont tous le sourire.
Enfin, je rentre dans un
des points névralgiques de la course, le parc à vélo. Je retrouve mon fidèle
Tornado, euh pardon, P2C, j’installe mes gourdes. Pas besoin d’amener une pompe,
les bénévoles se baladent avec dans le parc et ne demandent qu’à nous aider. Une
fois mon vélo prêt, je remonte le parc pour aller vers les numéros de 1 à 20.
Tous les pros sont là, en train de préparer leurs affaires tranquillement. Macca
gonfle ses boyaux, Stadler installe sa
gourde et discute en se marrant avec Faris Al Sultan. Patrick Vernay a l’air
concentré, Greg Alexandre est déjà prêt, Eneko Llanos peaufine ses réglages.
Elle n’est pas belle la vie ?
Je dépose dans un camion
mon sac « PRE SWIM », je retrouve ma femme qui me donne un dernier encouragement
(çà va être aussi une longue journée pour elle) et je rejoints mes copains à
coté de la petite plage du départ. Il est 6h15 et les pros partent dans trente
minutes. Une gorgée de boisson d’attente, un gel, de la crème anti-frottement
et l’heure du départ approche.
Nous descendons doucement
vers le bord de l’eau, le stress du départ monte doucement. C’est normal, la
course va être dure. Le speaker annonce l’hymne national Américain. Celui-ci
sera chanté a capella par un chanteur local. Le message du speaker est très
clair : ENJOY YOUR RACE !! On va essayer, on va essayer.
PAN !!! Coup de canon. Les pros sont partis sous les hourras
de la foule et des Groupes d’Age. Dans 15 minutes aura lieu notre départ. Je
rentre dans l’eau pour m’échauffer un peu. Le départ a lieu dans l’eau. Il faut
nager 150 m pour se placer et il faut attendre, en sustentation, le moment du
coup de canon. L’eau est bonne. Mon champ de vision n’est que bonnets verts (les
hommes) et bonnets oranges (les femmes). Je visualise bien les bouées du
parcours (3900m , un aller de 1900m, 100m vers la droite pour contourner un
bateau et un retour de 1900 m). Je me place plutôt vers la gauche de la ligne
pour éviter trop de monde et je regarde ma montre. Le départ est imminent, le
stress s’est envolé, je suis déjà dans la course.
PAN !!! Deuxième coup de
canon. C’est notre départ. Le départ de LA COURSE.
Le départ du FORD IRONMAN WORLD CHAMPIONSHIP. Et je fais parti de
l’évènement, c’est génial. Enfin pour l’instant je suis plutôt dans la
lessiveuse. Devant, derrière, sur les cotés, il y a du monde partout et çà
bastonne. Je pars assez vite mais pas à fond. Je sais qu’ici le niveau natation
est très haut et je connais mon niveau à moi. Contrairement à d’habitude, je ne
suis pas asphyxié complètement. Je suis entouré de partout. J’essaie au maximum
de « prendre les pieds » pour m’économiser mais ce n’est pas facile de trouver
la bonne personne qui a la bonne allure. Au bout de 15’, généralement, dans une
course classique, je trouve ma place pour nager et je prends mon rythme de
croisière. Ici, non !!! Je suis encore dans la baston. Tout le monde nage à la
même vitesse, les filles comme les garçons. Et le demi-tour est encore loin. Je
ne vois même pas le bateau qui sert de repère. Je prends quelques coup au
passage mais j’en donne aussi (y’a pas de raison !!!). Enfin, le bateau est en
vue et je l’atteins au bout de 31 minutes. C’est correct, mais le franchissement
du bateau et des bouées de l’extrémité du parcours est assez mouvementé et
j’attaque le retour au bout de 33’ de course. A Hawaii, le retour est souvent
plus long à cause d’un courant contraire (et accessoirement de la fatigue). Par contre, les nageurs
commencent à se clairsemer (il serait temps, au bout de 2000m !!!) et j’arrive à
nager plus calmement. Trop calmement car j’ai du mal à accélérer. Si bien que je me retrouve tout seul à
galérer, entre deux groupes. Je n’avance pas très vite !!! Heureusement, un gars
me double sur la gauche et j’arrive à faire l’effort pour me caler dans ses
pieds. Il me ramène sur le groupe devant et nous terminons ensemble. Nous sommes
presque au bout. Je regarde ma montre : 59’. Vu ce qu’il reste, j’estime mon
temps à 1h03’, se qui serait correct pour moi, pour 3900m sans combinaison.
Seulement, je me suis trompé dans mon estimation de distance. L’arrivée n’est
pas au bout du pier mais sur la plage. Il me manque encore 200m. Et devant moi,
un mur de nageurs qui n’avancent pas mais que je ne peux pas doubler car ils
nagent sur la même ligne. Résultat, 1h07’. Bof, moyen mais je sors de l’eau très
content car maintenant la course va pouvoir commencer pour moi.
Je passe sous la douche et
je me rince un peu pour enlever le sel puis je récupère rapidement mon sac vélo
et je file dans la tente de changement. J’enfile rapidement mes chaussettes, je
prends ma ceinture dossard, je mets de
la crème solaire sur les bras et les épaules et je cours chercher mon vélo.
J’enfile mon casque, je sors du parc et j’enfourche mon spad. C’est parti pour
180km de vélo.
Il fait déjà chaud. Nous
commençons par faire un tour en ville, pour que les spectateurs nous voient
passer plusieurs fois. C’est la foule aussi bien sur les bords de la route que
sur le parcours vélo. Impossible de ne pas rouler en paquet et je suis très
vigilant pour ne pas prendre de cartons. Je roule sur la file de gauche car je ne fais que doubler
mais dès que je baisse légèrement de rythme, je me fais repasser. Je suis
un peu en dedans, je regarde un peu la
course de l’intérieur, je profite du monde, de l’ambiance, du moment, de
l’endroit où je suis, de la chance que j’ai d’être sur la course longue distance
la plus relevée du monde. Bon, il faut quand même que je me réveille. Une fois
le tour en ville effectué, nous partons sur la Queen K. Highway pour un aller retour de 170km.
Le vent est légèrement favorable et çà roule assez vite (45-50 km/h).
Seulement, il y a un problème. Normalement à cette vitesse, sur les courses que
j’ai l’habitude de faire, je ne fais quasiment que doubler. Même à Lanzarote, je
ne me suis fais doubler en vélo que par une dizaine de personne. Là, c’est par
paquet de 20, que çà double dans tous les sens. Attention, quand je dis
« paquet », ce n’est pas complètement exact. C’est plutôt une file ininterrompue
de gars et de filles qui me passent comme une fusée, en respectant au mieux les
distances : dans l’ensemble c’est assez réglo au niveau du drafting. Par contre
le niveau est ahurissant : çà envoie du 54x11 ou 55x11 dans tous les coins. Des mecs avec des
mollets comme mes cuisses, des grands,
des petits, des maigres, des balaises, des mecs, des nanas, des jeunes, des
vieux : tout le monde roule à donf. Le point positif c’est que dans toutes les
parties montantes, beaucoup ralentissent alors que moi non, et donc je redouble
pas mal de monde. Dans cette folie, il ne faut surtout pas oublier de se
ravitailler. Je mange et je bois très souvent (toutes les 10’ environ). La
chaleur monte très rapidement. Le corps et les jambes chauffent. Les gourdes
aussi. Je décide donc de prendre des gourdes d’eau fraiche pour m’arroser à
chaque ravitaillement, de changer ma boisson énergétique à chaque fois et de
prendre quelques gels en passant. Les ravitaillements sont très longs, très bien
fournis et les volontaires sont extraordinaires. Ils nous encouragent, nous
donnent les bidons à la volée. Il suffit de leur faire un petit signe quelques
mètres avant, de ralentir un peu et ils courent à coté de vous pour vous donner
la gourde. Et à chaque fois on entend un YES !!! « Good job man ». Par contre
comme nous sommes nombreux, il faut être très vigilant pour ne pas
tomber.
La course poursuite
continue pendant 45 km quand nous arrivons au niveau du Hilton. La route s’élève
un peu, nous tournons à gauche et le vent forcit en étant défavorable. La montée
vers le demi-tour d’Hawi est une rampe (2 à 3% avec des passages à 5%) à étage.
Le vent est tourbillonnant et des fortes rafales latérales me font faire des
écarts d’un ou deux mètres sur la gauche. La vitesse a fortement chuté mais
finalement je dépasse plus que je ne me fais dépasser.
Tout à coup, les voitures
en face annoncent l’arrivée des premiers. Les voilà, qui déboulent à fond dans
la descente. Je crois reconnaître Norman Stadler et Eneko Llanos qui roulent
devant. Faris Al Sultan n’est pas loin derrière, ainsi que Patrick Vernay. Macca
a l’air d’être plus en difficulté. Le vent ne faiblit pas et les rafales me
balancent toujours sur les côtés. Je
double Alexandra Louison (partie 15’ avant, avec les pros) qui soufre un peu
dans le vent puis j’arrive au demi-tour. Je fais un arrêt d’une minute pour
prendre mon ravito perso (sandwich jambon/fromage entre autre) et je repars dans
la descente, vent favorable. Il fait très chaud et signe inquiétant, mon souffle est brulant. Mon corps n’arrive
plus à se refroidir correctement. J’ai l’impression d’avoir de la fièvre. Je
pense à m’hydrater et m’asperger le plus souvent possible mais au niveau aéro et
performance il y a plus efficace. Enfin, l’important c’est de gérer pour pouvoir
continuer. Dans la descente je me refais pas mal doubler par des gars en
position aéro alors que moi je m’accroche à mon guidon pour ne pas me faire
renverser par le vent. Mais comment font ils ?
Arrivé en bas, au 120 km,
j’accuse un peu le coup. Surtout que le vent est de nouveau défavorable et çà,
jusqu’à l’arrivée vélo. J’ai encore de la force mais je ressens une fatigue
générale et un léger écœurement que je reconnais bien. Je suis en train de
prendre un petit coup de chaud. Je fais donc extrêmement attention, à chaque
ravitaillement, de prendre du frais, aussi bien en eau qu’en énergie, et je me
force à prendre un gel pour ne pas faire d’hypo. La route est une succession de
montées et descente à 2 ou 3 %, relativement usantes. Ici, le niveau est
tellement dense qu’à la moindre baisse de régime, tu te fais passer dans tous
les sens. Pourtant, j’arrive à conserver une vitesse correcte et je retrouve
doucement des bonnes sensations vers les
150km. Au km 160, çà va mieux et je me remets à rouler (40 km/h environ) quand
je me fais déposer par une nana sur un P3C qui roule au moins à 45-48 km/h.
Quand je vous dis que le niveau est balaise. Enfin, je quitte la mythique Queen
K Highway pour descendre Palani Road et arriver dans le parc à vélo. 5h26, un
peu plus de 33 de moyenne. C’est pas mal mais je pensais pouvoir faire mieux.
Peut être à ROTH, l’an prochain.
Enfin, à l’entrée du parc
je donne mon vélo à un bénévole et je file chercher mon sac de course à pieds.
Enfin, je file…. C’est une façon de parler car après 180km de vélo, les
premières sensations nous rapprochent plus de l’éléphant dans la boue que de la
gazelle dans la savane. Je m’assieds dans la « changing tent » et je commence
par changer de chaussettes puis je mets de la vaseline sous les bras pour éviter
les brûlures par frottement. J’ai un peu mal au pied donc j’enlève mes
chaussettes, je mets de la vaseline sur mes pieds, je remets mes chaussettes et
mes joggings, je prends ma ceinture dossard avec mes gels, ma casquette, mes
lunettes, je mets de la crème solaire (il est environ 13h30 !!!) et le pars pour
le marathon. La forme semble plutôt bonne. Pourtant je sais que mon objectif de
10h00 ne sera pas pour aujourd’hui. Déjà 6h45 de course au début du marathon et
je sais que je ne peux pas, aujourd’hui en tous cas, faire un marathon en
3h15.
Je pars donc sur une
allure assez cool, sans pression, en me disant que normalement un marathon en
3h45 pour faire moins de 10h30, c’est super jouable. La suite m’a montré que ce
n’est pas si facile que çà.
Le parcours peut être
découpé en 4 parties. La première partie est constituée d’un aller-retour sur la
mythique Alii Drive (La rue des rois), sur environ 14 km. Ensuite, deuxième
partie, on monte Palani Road pour reprendre la Queen K. pendant 10 km pour
arriver à Energie Lab. Troisième partie, traversée d’Energie Lab sur 6 km et
quatrième partie, retour par la Queen K. sur 10 km.
Les cinq premiers km se
passent bien même si je sens que j’ai encore très chaud.
La foule nous encourage tout au long du parcours (good job guys, good
job, come on, come on !!! What a day !!!). Seulement, Alii Drive, au premier
abord, à l’air d’être plat mais en réalité c’est une succession de rampe à 2 ou
3 % qui usent énormément. A chaque ravitaillement je prends des éponges que je
cale dans mon singlet, du coca et je prends un gel un ravito sur deux. La route
longe la plage et les palmiers. C’est superbe et il faut en profiter car après
Alii Dr. Le parcours du marathon est plus « rugueux ». Je n’ai pas des jambes de
feu et j’ai légèrement mal aux quadriceps. Le manque d’entrainement à pieds va
se faire sentir. Rien de dramatique mais je ne peux pas accélérer. Je commence à
accuser le coup et mon estomac me dit qu’il préfèrerait une pizza plutôt qu’un
Xième gel énergétique avec du coca. Alexandra Loison me repasse avec sa petite
foulée efficace. Mon copain Nico me rejoint avant de s’arrêter vomir : la
chaleur fait des dégâts. Avant le demi-tour, je vois d’autres de mes potes de
Triathlon Performance qui sont légèrement devant. Damien (8eme à Nice) et Rudy
le Belge semble bien. Laurent Lambert à mal à son mollet (il n’aurait pas du
prendre le départ mais nous sommes à Kona), Xavier Bénat semble ok lui aussi. A
la fin d’Alii Dr., je vois Dominique, ma femme, qui m’encourage et qui me
demande si çà va. Je lui réponds que j’ai mal aux jambes, mal au ventre et qu’il
me reste 26 km à faire dans un four mais sinon çà va. Le moral est bon, je vais
gérer mes petites difficultés. Fin de la première partie du marathon.
Pour la deuxième partie du
marathon, je commence par monter Palani Road. Cette bosse fait mal aux jambes
mais j’ai de la chance d’avoir pour spectacle l’arrivée des premiers. Je vois
débouler Greg Alexander, suivi d’Eneko Llanos. Ils me mettent 26km de cap dans
la vue. Je rate les suivants mais Patrick Vernay nous croise en faisant 7 avec
ses doigts au public (en réalité il sera 6ème). J’arrive sur la Queen
K et Norman Stadler arrive en face. Cette partie vers Energie Lab est une très
longue succession de faux plats montants et descendants. Je ne suis pas au mieux
de ma forme et je ne pense qu’à aller d’un ravitaillement à l’autre sans penser
au chrono (je vois alors les 10h30 s’éloigner). Nico me repasse et semble
beaucoup mieux. Les bénévoles nous « poussent » toujours autant. Je fais un bout
de chemin avec Eric Millard du BMT (Beaune Monnot Triathlon) qui semble autant
dans le dur que moi. Pire même car je le lâche au train dans la dernière bosse
avant Energie Lab. Il fait un peu moins chaud car le soleil est un peu caché,
mon estomac ne va pas trop mal et au niveau des jambes ce n’est pas pire. Je me
fais quand même reprendre par quelques coureuses et coureurs mais j’attaque la
troisième partie, Energie Lab, dans une forme ascendante. A E.L. c’est la fête.
Musique Rock, messages persos sur grand écran. Je double Xavier qui semble un
peu en perdition. J’échange quelques mots avec lui puis je le décroche au train.
Enfin le demi tour est là, let’s go to the finish line. Je regarde ma montre et
je fais un rapide calcul. Si je monte bien E.L. et si je fais un bon 12km/h, je
peux être sous les 10h30. Seulement il reste 13km et ma forme peut rechuter. En
remontant Energy Lab, je double Benjamin Samson qui est scotché au goudron. Il
me dit qu’il a fait la natation à fond pour la prime (il fait le deuxième temps
des PROS), puis le début du vélo à bloc pour montrer le vélo (Look 596) et que
maintenant il est sec. Je le lâche aussi. La montée est assez difficile mais je
ne perds pas trop de vitesse. En haut je me fais passer par deux nanas et par
Yves Tabarant, toujours Costaud à 59 ans.
Pour la quatrième et dernière partie du marathon, j’adopte la même
technique qu’à Lanzarote. Je relance dans les descentes, je gère dans les
montées, je prends du Coca à tout les ravitos et un gel un ravito sur deux.
Résultats, malgré les douleurs aux jambes qui s’amplifient (mais qui ne sont que
des informations) je remonte du monde et je reste dans les temps pour les 10h30.
Enfin le panneau 40km est là et il ne reste que deux kms dont 1 de descente, un
de plat et l’arrivée. J’accélère un peu en donnant mes dernières forces pour
avoir un peu de marge et profiter de cette arrivée mythique.
Elle est là. Elle est
devant moi. Cette arrivée que beaucoup aimerait passer et que j’ai la chance
franchir. Je lève les bras au ciel, très content d’avoir trouvé quelques
ressources pour passer sous les 10h30. Même si j’espérais un peu mieux, je n’ai
aucune déception. J’ai une énorme satisfaction d’entendre The Voice of Ironman,
dire : Arnaud Constans (le prononcer à l’américaine) : YOU ARE AN IRONMAN.